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Dernière mise à jour
le
2/07/04
Evaluation de l'expression
orale
en anglais
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I. On veillera à ne pas
confondre note de participation orale et note d'expression
orale.
1. La note de participation orale
La note de participation orale,
que le professeur attribue à ses élèves,
en fonction de leurs interventions en classe, est
souvent retenue à titre de "note d'oral",
figurant dans les bulletins trimestriels des élèves.
Cette note est une note d'encouragement, constatant
les efforts accomplis par l'élève.
L'attribution de cette note pose d'emblée aux
professeurs la question d'équité. Si
le professeur est juste, il se devra de délivrer
une note d'oral à tous
les élèves et dans ce cas, surgissent
des cas de conscience pour le professeur : comment
faire pour noter les élèves toujours
silencieux? La plupart du temps le professeur renonce
à mettre 0 !
Vient alors se greffer une deuxième question
tout aussi cruciale que la première : pourquoi
y a-t-il des élèves en permanence voués
au silence, réduits à l'incapacité
totale de s'exprimer ?
| Cette note
de participation met ainsi en évidence
une des failles majeures de l'enseignement de
la langue, à savoir, l'incapacité
de faire en sorte que chaque élève
s'exprime ou du moins construise un énoncé. |
Ce constat devra amener le professeur
à s'interroger en profondeur sur sa pratique
pédagogique(1).
On retiendra alors davantage la note de participation
orale comme encouragement, et non comme critère
universel d'évaluation des capacités
d'expression à l'oral.
2. La note d'évaluation
à l'oral.
Donner une note d'évaluation
à l'oral exige, qu'il y ait des travaux d'expression
orale effectués par les élèves
! Ce qui, moins naïvement, signifie que les élèves
aient conscience de la spécificité
de ces travaux et aient la possibilité de s'améliorer
de façon lisible d'une tâche à
l'autre. Ce qui encore moins naïvement signifie
que le professeur ait préparé
ses élèves aux tâches d'expression
orale et leur ait donné les moyens de comprendre
ce qui était attendu d'eux…
tous.
En inspectant dans les lycées,
j'ai vu plusieurs professeurs s'attaquer courageusement
et également avec efficacité au problème.
Reste encore à peaufiner les critères
d'évaluation de façon à obtenir
pour l'élève une note fiable et juste
d'une part et, d'autre part à améliorer
les performances futures des élèves
en les guidant précisément.
De façon à évaluer
les élèves, on définira des critères,
qui seront connus d'eux.
Pour définir des critères précis,
l'on aura besoin d'analyser les différentes
composantes qui entrent dans l'expression orale et
que l'élève a également besoin
de connaître.

II. La définition de critères
d'évaluation nécessite au préalable
l'analyse des composantes de l'expression orale.
L'on distinguera deux grandes catégories
de tâches possibles :
la prise de parole autonome, mais préparée.
Un élève devant ses camarades expose
un point de vue, ou décrit et présente
un document iconographique de son choix, en liaison
avec le thème traité en classe.(de la
publicité au tableau de maître, en passant
par la photo de reportage ou de film, exemples bien
sûr non limitatifs) .
Il est bien entendu que les élèves sont
déjà régulièrement entraînés
à prendre la parole régulièrement
lors des interrogations que le professeur effectue
systématiquement en début de séance.
Le professeur veillera lors de cette interrogation
à laisser le plus d'autonomie possible aux
élèves, en évitant de poser question
magistrale après question magistrale pour extraire
de l'élève des réponses isolées.
Mais il entraînera l'élève à
se préparer à résumer de lui
–même le contenu et à parler sans
attendre les sollicitations du "maître"…
la situation de dialogue, à deux ou trois,
qui aura bien sûr été préparé
à l'avance par chacun des élèves,
qui se lanceront ensuite dans un débat. On
choisira nécessairement un thème 'contradictoire',
permettant de s'exercer aux fameux "I disagree.
I agree…" et autres expressions afférentes
apprises en classe.
Il s'agit maintenant d'analyser les composantes de
l'expression orale et de définir des attentes
réalistes.
1. Prise de parole autonome
: si l'on veut que tous les
élèves s'expriment, élèves
de niveau faible comme élèves plus à
l'aise, il est nécessaire de fixer des attentes,
pour partie réalisables par chacun. Sinon,
on reste dans un flou assez désespérant
pour les élèves, les bons font une bonne
performance et les autres doivent améliorer
leur prononciation, ("oui mais comment???"
sont-ils en droit de demander.)
Les critères d'intelligibilité
Cohésion de l'ensemble
: articulations claires et pertinentes entre les différentes
parties, mise en valeur de l'introduction et de la
conclusion. Ce critère est particulièrement
porteur pour des élèves peu habiles
qui auront ici des éléments tangibles
pour asseoir leur discours.
Cohérence
: enchaînement logique d'une idée à
l'autre.
Correction syntaxique
Correction lexicale
( on inclue dans cette dimension la prononciation
intelligible des phonèmes - sans tomber dans
le perfectionnisme - et le placement correct de l'accent.)
La prise de risque,
l'emploi de structures travaillées en classe,
et également la composition d'énoncés
complexes, (relatives, par exemple). Le professeur
doit s'habituer à prendre en ligne de compte
les éléments positifs à part
égale avec les erreurs : par exemple, il faut
ne pas occulter les bonnes structures, comme si elles
allaient de soi, pour ne relever que les erreurs.
Par exemple, chez un élève faible on
notera different from
en '+' au même
titre que l'on noterait she
*take d'un '-' . Le
professeur qui met l'accent sur une bonne prise de
risque, une expression particulièrment heureuse
permet à l'élève de davantage
mémoriser la structure.
Qualités de communication
:
parler sans lire ses notes
communiquer avec ses camarades, vérifier de
temps en temps que l'on est compris, même si
on le fait de façon maladroite.
La "phonologie"
| La
phonologie : ce critère est l'objet de
nombreuses interrogations de la part des professeurs,
et à juste titre !
Si l'on veut faire évoluer les choses
dans ce sens, c'est-à-dire faire progresser
les élèves, même
(et surtout) ceux qui ne sont jamais
allés dans un pays anglophone, il faudra
avant tout relier le phonologique
à l'expression du sens.
Ce qui signifie une préparation
raisonnée et un entraînement, pendant
les cours, de tous les instants. |

Quelques remarques préliminaires
sur la spécificité de la dimension phonologique
dans l'apprentissage.
Au niveau du placement
de l'accent de mot
: pas de problème particulier, en dehors de
la nécessité d'apprendre le
mot avec le placement de son accent,
comme en français on apprend le mot et son
genre. Cet apprentissage de la bonne accentuation
impliquera des exercices effectués systématiquement,
en lien avec les mots rencontrés dans le support
étudié. On combinera tâches d'entraînement
d'automatisation ( lecture de séries de mots
relevant de la même règle) et tâches
de réflexion (découvrir, à partir
de la série la règle pour mieux se l'approprier).
Cet entraînement au placement correct d el'accent
repose sur un va-et-vient constant entre écoute
et production. .
| Pas d'écoute
sans production orale : il est inutile de faire
repérer le placement d'un accent si on
ne le fait pas produire par l'élève,
si on ne le fait pas répéter par
l'élève |

Au niveau de l 'intonation : montante
et descendante.
Ruth Huart, La Grammaire de l'Anglais,
explique à juste titre que l'on ne peut attendre
d'un élève qu'il s'approprie les schémas
intonatifs justes, ( 'juste' employé au sens
musical)dans le cadre de l'enseignement de la classe.
L'appropriation des schémas intonatifs justes
ne peut être envisageable qu'en immersion durable.
Tous les professeurs l'ont expérimenté
: quand bien même les élèves sont
capables d'imiter parfaitement un schéma intonatif
qu'ils viennent d'entendre, en aucun cas ils ne seront
à même d'opérer le transfert sur
un énoncé qu'ils auront produit de façon
personnelle.
| Toutefois,
si nous ne pouvons atteindre cet objectif, du
moins pouvons- nous fixer des attentes tout
à fait réalisables dans une classe
d'enseignement secondaire et fort utiles à
l'intelligibilité du message. |
On pourra dans ce cas limiter
les attentes à la réalisation des
schémas dits "descendant" et "montant"(2),
objet d'entraînement systématique en
classe. Ces schémas ne seront peut-être
que très partiellement justes dans la mélodie,
mais du moins auront-ils le mérite d'être
intelligibles pour l'anglophone, qui comprend, même
si il est distrait, que son interlocuteur a affirmé,
(en positif ou négatif) quelque chose ou
a posé une question. On
pourra aider l'élève en lui expliquant
que descendre la voix, donne au discours un ton
péremptoire, alors que la montée accentue
l'effet interrogatif. On relie ainsi très
modestement les deux schémas essentiels au
sens global du message.
On pourra faire écouter des énoncés
interrogatifs d'anglophone, en segmentant l'énoncé
de façon à détacher le mot
interrogatif introducteur. Why?
est un exemple très parlant. On fait ainsi
sentir à l'élève l'importance
de l'intonation interrogative, le rôle que
joue l'intonation dans l'expression de la perplexité.
On pourra alors contraster avec le français,
qui détache les syllabes : "pour –
quoi?"
| Lors de l'évaluation,
l'on veillera à prendre en compte explicitement
l'intelligibilité de l'intonation : comprend-on
que l'élève a posé une
question? Comprend-on qu'il a affirmé
( en positif ou négatif) quelque chose
? |
Le rythme de la phrase :
là encore, la difficulté est grande
pour l'élève peu habile qui construit,
tant bien que mal un énoncé et cherche
ses mots, ce qui bouscule
toute possibilité d'entrer dans un schéma
rythmique. Donc, on ne pourra que définir des
attentes raisonnables en reliant la capacité
à rythmer son énoncé au sens
que l'on veut faire passer.
On expliquera aux élèves que même
s'ils cherchent leurs mots ou emploient une structure
incorrecte, ils peuvent au moins accentuer, voire
"dire plus fort", ou insister sur, les mots
qui pour eux ont de l'importance et doivent être
absolument entendus par leurs camarades. C'est un
premier pas, certes encore modeste, vers le développement
de la capacité à convaincre, qui sera
demandé dans le monde du travail par la suite.
Mais pour atteindre cet objectif, il faut que l'élève
apprenne à chercher à convaincre ses
camarades et pour le professeur cela exige un long
travail de mise en confiance, en amont.
(Cela dit, les élèves que j'ai pu
voir en classe présenter leur 'exposé'
avaient visiblement déjà été
mis en confiance, grâce au travail préalable
du professeur.)
2. Evaluation d'un dialogue à
deux ou trois élèves.
On gardera les mêmes critères,
mais en donnant davantage de poids bien évidemment
à la qualité de conviction, la qualité
de l'intonation, à la qualité du rythme,
permettant aux élèves de mettre en valeur
ce qu'ils disent par contraste avec ce qu'on dit leurs
camarades.
Quelques questions souvent
posées :
Comment faire en sorte pour qu'un
élève peu confiant renonce à
ses notes écrites - sans parler de ceux qui
lisent intégralement ce qu'ils ont écrit,
au lieu de parler ?
Cela s'apprend. Comment ?
Je conseille aux professeurs de laisser les élèves
rédiger ce qu'ils ont à dire, lors de
leur préparation, si ils en éprouvent
le besoin. De toute façon, écrire leur
est bénéfique, ( pour la mémorisation
notamment…)
Ensuite le professeur demande aux élèves
d'apporter leur page rédigée et consacre
une séance, en module, à un travail
de réduction des rédactions des élèves.
Il leur montre comment extraire les mots les plus
importants de leur rédaction, comment les disposer
de façon aérée sur une page blanche.
Il lui montre comment ordonner, les moments de sa
prise de parole. et les autorise éventuellement
à noter une structure remarquable, (passif,
par exemple, sous-utilisé par les francophones).
Puis il lance l'élève, avec cette seule
feuille de notes succinctes, dans la prise de parole
devant ses camarades. L'élève constatera
alors que ses hésitations, permettent à
ses camarades de mieux le comprendre et de l'écouter
!
Ensuite, les élèves
pourront mettre en commun leurs remarques en fonction
des critères d'évaluation connus de
tous pour évaluer leur camarade.
Et le <s> de la troisième
personne ?
Lors des réunions qui suivent
les inspections, les professeurs sont souvent amusés
quand je dis que dire:
*/
'æmer kæ/
au lieu /
'meri k /
est aussi grave que de dire she
take… Et pourtant
il y fort à parier qu'un mauvais placement
d'accent rend le mot inintelligible mais non pas l'omission
du <s>.
Souvent, l'on accorde une importance excessive au
<s>, alors que de toutes façons, tous
les élèves savent qu'en anglais les
verbes prennent un <s> à la troisème
personne du singulier. Par contre, il est plus efficace
d'entraîner les élèves le plus
systématiquement possible à prononcer,
en série, des verbes et noms terminés
en <s> et <es>; astonishes, surprises,
vanishes, analyses, criticizes, etc…
Il ne faut pas oublier non plus q'une prise de parole,
au cours de laquelle l'élève transmet
du sens représente pour lui une surcharge
cognitive, qui engendre ce type d'erreurs.
Occupé à mobiliser des savoirs et savoir-faire,
dans l'urgence de l'instant, il ne peut exercer sa
vigilance sur tous les points.
On pourra pour prévenir l'omission des <s
>et –ed, lui recommander de "s'échauffer"
avant sa prise parole en répétant systématiquement
à voix haute, les principaux verbes dont il
aura inévitablement l'usage au cours de sa
prise de parole.
III Pour conclure….
Certains diront que tout cela est
bien artificiel et que cette décomposition
de l'acte de langage brise la spontanéité,
ou bien encore que l'expression naturelle de l'anglophone
est plus simple, composée de phrases juxtaposées
plus que de phrase composées....
Certes…Certes… Mais
ceux – là se situent à un autre
niveau, qui ne concerne pas le niveau de l'enseignement
secondaire.
N'oublions pas que nous devons
d'abord commencer par aider les élèves
à structurer leur pensée, et leur donner
les moyens pour cela. (ce qui ne signifie pas pour
autant exiger d'eux un whereas ou un although à
chaque détour de phrase…)
Nous devons également aider
les élèves du secondaire qui de toutes
façons n'auront jamais l'intonation d'un étudiant
ayant effectué un long séjour en pays
anglophone, à être intelligibles
pour l'anglophone. Donc au moins assurer un minimum
d'intelligibilité, or à vouloir un minimum
d'intelligibilité, on peut parfois donner le
sentiment de découper de façon arbitraire
à l'intérieur d'un tout indissociable
: la musique de la langue, ce qui pourra nous être
reproché, mais certainement pas par ceux qui
chaque jour "bataillent avec les élèves",
tous les élèves pour obtenir un minimum
de cohérence et de production autonome.
N'oublions pas
non plus que l'élève dispose d'un lexique
fort limité, ce qui l'oblige d'autant plus
à structurer son énoncé.
Plus un apprenant(3) est incertain,
plus il aura besoin d'accroches structurantes, comme
les connecteurs. (Et vice et versa, en compréhension,
les apprenants niveau intermédiaire repèrent
dans un récit (entendu ou lu) les mots connecteurs
avant tout, contrairement aux natifs de la langue.)
Une fois que les élèves
auront pris connaissance de ces critères, il
leur sera plus aisé d'orienter leurs efforts
et donc de ne pas se décourager. Un tel apprend
qu'il ne prend pas assez de risques et sait que pour
sa prochaine prestation il devra se préparer
à utiliser de façon volontariste quelques
expressions acquises en classe. Un autre qui aura
pris beaucoup de risques, mais a lu toutes ses notes,
si bien qu'il était inintelligible, saura que
pour sa prochaine prestation on préfère
l'intelligibilité à un 'sans faute'
grammatical.
L'expression orale n'apparaîtra
plus aux yeux de l'élève comme un mystérieux
exercice que seuls peuvent réussir les bons,
mais comme une compétence qui se construit
graduellement sous le guidage programmé du
professeur.
MF Chen Géré, IA-IPR
d'anglais
Notes
(1) S'il est bien sûr évident que les
motivations des élèves pour l'apprentissage
des langues sont d'intensité variable,(!) il
n'en reste pas moins inquiétant de penser qu'après
avoir suivi un cursus de trois à cinq ans en
anglais, des élèves, par ailleurs normalement
intelligents soient dans l'incapacité de demander
une information simple ; il y donc dans la classe
une dynamique à créer pour amener les
élèves les plus faibles à construire
des énoncés simples, première
étape vers l'autonomie langagière(cf.
la rubrique en ligne : les objectifs langagiers en
classe d'anglais. en cours)
(2) Comme le dit fort
justement Ruth Huart, "comme la voix monte avant
de descendre et descend avant de monter, il est injuste
de demander aux élèves d'identifier
la direction qui caractérise un énoncé
de plus de deux syllabes". La
grammaire orale de l'anglais, Ophrys, 2002
(3) J'utilise le terme
'élève' pour parler des élèves
dans les classes. Le terme 'apprenant' renvoie à
cette entité très abstraite qui est
l'individu en position d'apprentissage. On a souvent
reproché aux didacticiens la cuistrerie de
ce terme, pourtant il renvoie bien à une notion
que ne recouvre pas toujours le mot 'élève'.
A consulter: le dossier
Thémadoc
sur la compréhension de l'oral

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