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Dernière mise à jour le 9/01/06

LA COMPREHENSION ORALE AU COLLEGE

Premiers conseils

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Ces conseils ne visent pas à développer la complexité cognitive de l’acte de compréhension orale en soi mais à expliquer quelques unes des difficultés communément rencontrées dans les classes au collège. Ce sont des conseils élémentaires et empiriques, au sens où ils procèdent de l’observation en direct de quelques 600 cours.

Conseils techniques


Disposer le magnétophone au milieu de la classe. Cela est facile si les tables sont disposées en U. Il suffit alors de se procurer une rallonge. Si les tables ne peuvent être disposées en U, il est toujours possible de disposer le magnétophone sur une table au milieu de l’allée centrale où vous circulez.

On entend mal au fond des classes !


Les élèves qui sont au fond de la classe n’entendent souvent qu’un vague murmure, quelques mots accentués et ne peuvent percevoir en finesse le message ! Faites-vous –mêmes les tests entre collègues, en plaçant auditeurs et magnétophone à des extrémités de la classe et vous comprendrez que les élèves du fond sont défavorisés par rapport à ceux qui sont proches du magnétophone et ne peuvent pas travailler. Avez-vous déjà remarqué que c’étaient les élèves qui étaient le plus près du magnétophone qui souvent comprenaient mieux que les autres ?

Ne réglez pas le débit sur « lent » !
Cela déforme les sons qui deviennent plus sourds et sont donc moins perceptibles, surtout au fond de la classe.

Changez les CD et cassettes au moins tous les 3 ans, l’usage intensif des cassettes et CD les détériore, le son est déformé.


Conseils pédagogiques de premier secours

Avant chaque écoute, complète et/ou segmentée donnez une consigne d’écoute à l’élève : que ce soit en vue de la simple collecte des éléments, bribes de dialogues qu’ils auront repérés ou bien en vue de repérages plus précis.

Lorsque vous arrêtez le magnétophone pour les amener à réagir, restituer ce qu’ils ont entendu, faire le bilan d’une tâche écrite que vous leur avez demandée, abstenez –vous d’intervenir ; restez silencieux et laissez l’élève réagir. En effet si vous intervenez après le dialogue, les dernières paroles entendues par l’élève sont vos paroles et non l’enregistrement, ce qui brouille leur perception et perturbe la mémoire à court terme. Ils ne peuvent en conséquence pas intervenir sur la lancée de l’écoute.

Si un élève vous propose un mot, une suggestion qui vous paraît aberrante par rapport à l’enregistrement, cherchez à comprendre où est l’erreur de segmentation et aidez l’élève en le faisant réécouter pour qu’il entende mieux et éventuellement perçoive ce qu’il avait mal perçu au départ. Récemment un élève avait cru entendre ‘auberge’ (dans un contexte de séjour de vacances, mais en fait il avait mal segmenté ‘near Bergerac’!)

Faites écouter les enregistrements en segments éclatés après une écoute ou deux complètes. Une ou deux écoutes ne suffisent pas. Imaginez que l’on vous montre un tableau de Van Gogh trois secondes, puis qu’on le retire et qu’on vous demande de le commenter en détails !

Faites restituer le contenu de l’enregistrement progressivement, partez des mots repérés par les élèves, écrivez-les au tableau, laissez des blancs entre les mots pour ensuite faire reconstituer l’ensemble de l’énoncé en fonction du sens qui va être construit collectivement.

Utilisez des aides visuelles : au tableau, des flèches, des images, des flashcards, des regroupements de mots, des colonnes pour mieux aider les élèves à visualiser les classements et pour soutenir, étayer la construction d’un raisonnement logique. Si vous faites tout ‘à la voix’, uniquement par la parole, les élèves les plus démunis n’ont aucun repère auquel se raccrocher. Le son est trop intangible, trop fugace.

Faites répéter, collectivement et individuellement les mots ou segments problématiques une fois qu’ils ont été élucidés.

Ne laissez pas les élèves volontaires accaparer la parole, décidez quel est l’élève qui doit parler et s’il a du mal accompagnez-le, encouragez-le, à partir du ou des premiers mots qu’il propose, à construire un énoncé. Confrontez vous au problème le plus délicat qui est d’obtenir des élèves les moins assurés, les plus en difficulté qu’ils prennent la parole. Cela est possible si l’on écoute avec patience l’élève en difficulté pour lui montrer qu’il est capable lui/elle aussi de s’exprimer en anglais. De façon générale, dans une écoute, commencez la restitution par les élèves les moins à l’aise, voire habituellement muets ou sur la réserve ou ayant des difficultés : en effet si vous attendez que les élèves les plus à l’aise aient parlé avant de solliciter les autres vous vous apercevrez que :

  • les silencieux se sont petit à petit enfoncés dans le silence et ont perdu pied,
  • les plus loquaces ont dit les choses les plus évidentes et que donc ne reste à dire que les choses les plus délicates (l’implicite etc.).
Donc, sollicitez les silencieux dès le début, (quelle que soit l’origine de ce silence) et faites en sorte qu’ils produisent des énoncés minimaux (sujet/verbe /complément). Faites intervenir ensuite les plus loquaces, les plus rapides à l’oral pour allonger, étoffer, complexifier les énoncés. Puis ajustez au fur et à mesure, en changeant les rôles une fois que tous les élèves se sentiront plus à l’aise.

Ne confinez pas les élèves démunis dans le rôle de répétition, eux aussi doivent construire de la langue !

Ne considérez pas que dire un mot c’est faire de l’oral ou participer ; l’oral commence quand on construit les énoncés !


MF Chen Géré
IA-IPR

 

 

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