LA COMPREHENSION
ORALE AU COLLEGE
Premiers conseils
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Ces conseils ne visent pas à
développer la complexité cognitive de
l’acte de compréhension orale en soi
mais à expliquer quelques unes des difficultés
communément rencontrées dans les classes
au collège. Ce sont des conseils élémentaires
et empiriques, au sens où ils procèdent
de l’observation en direct de quelques 600 cours.
Conseils
techniques
Disposer le magnétophone au milieu de la classe.
Cela est facile si les tables sont disposées
en U. Il suffit alors de se procurer une rallonge.
Si les tables ne peuvent être disposées
en U, il est toujours possible de disposer le magnétophone
sur une table au milieu de l’allée centrale
où vous circulez.
| On
entend mal au fond des classes ! |
Les élèves qui sont au fond de la classe
n’entendent souvent qu’un vague murmure,
quelques mots accentués et ne peuvent percevoir
en finesse le message ! Faites-vous –mêmes
les tests entre collègues, en plaçant
auditeurs et magnétophone à des extrémités
de la classe et vous comprendrez que les élèves
du fond sont défavorisés par rapport
à ceux qui sont proches du magnétophone
et ne peuvent pas travailler. Avez-vous déjà
remarqué que c’étaient les élèves
qui étaient le plus près du magnétophone
qui souvent comprenaient mieux que les autres ?
Ne réglez pas le débit sur « lent
» !
Cela déforme les sons qui deviennent plus sourds
et sont donc moins perceptibles, surtout au fond de
la classe.
Changez les CD et cassettes au moins tous les 3 ans,
l’usage intensif des cassettes et CD les détériore,
le son est déformé.
Conseils pédagogiques de premier secours
Avant chaque écoute, complète et/ou
segmentée donnez une consigne d’écoute
à l’élève : que ce soit
en vue de la simple collecte des éléments,
bribes de dialogues qu’ils auront repérés
ou bien en vue de repérages plus précis.
Lorsque vous arrêtez le magnétophone
pour les amener à réagir, restituer
ce qu’ils ont entendu, faire le bilan d’une
tâche écrite que vous leur avez demandée,
abstenez –vous d’intervenir ; restez silencieux
et laissez l’élève réagir.
En effet si vous intervenez après le dialogue,
les dernières paroles entendues par l’élève
sont vos paroles et non l’enregistrement, ce
qui brouille leur perception et perturbe la mémoire
à court terme. Ils ne peuvent en conséquence
pas intervenir sur la lancée de l’écoute.
Si un élève vous propose un mot, une
suggestion qui vous paraît aberrante par rapport
à l’enregistrement, cherchez à
comprendre où est l’erreur de segmentation
et aidez l’élève en le faisant
réécouter pour qu’il entende mieux
et éventuellement perçoive ce qu’il
avait mal perçu au départ. Récemment
un élève avait cru entendre ‘auberge’
(dans un contexte de séjour de vacances, mais
en fait il avait mal segmenté ‘near
Bergerac’!)
Faites écouter les enregistrements en segments
éclatés après une écoute
ou deux complètes. Une ou deux écoutes
ne suffisent pas. Imaginez que l’on vous montre
un tableau de Van Gogh trois secondes, puis qu’on
le retire et qu’on vous demande de le commenter
en détails !
Faites restituer le contenu de l’enregistrement
progressivement, partez des mots repérés
par les élèves, écrivez-les au
tableau, laissez des blancs entre les mots pour ensuite
faire reconstituer l’ensemble de l’énoncé
en fonction du sens qui va être construit collectivement.
Utilisez des aides visuelles : au tableau, des flèches,
des images, des flashcards, des regroupements de mots,
des colonnes pour mieux aider les élèves
à visualiser les classements et pour soutenir,
étayer la construction d’un raisonnement
logique. Si vous faites tout ‘à la voix’,
uniquement par la parole, les élèves
les plus démunis n’ont aucun repère
auquel se raccrocher. Le son est trop intangible,
trop fugace.
Faites répéter, collectivement et individuellement
les mots ou segments problématiques une fois
qu’ils ont été élucidés.
Ne laissez pas les élèves volontaires
accaparer la parole, décidez quel est l’élève
qui doit parler et s’il a du mal accompagnez-le,
encouragez-le, à partir du ou des premiers
mots qu’il propose, à construire un énoncé.
Confrontez vous au problème le plus délicat
qui est d’obtenir des élèves les
moins assurés, les plus en difficulté
qu’ils prennent la parole. Cela est possible
si l’on écoute avec patience l’élève
en difficulté pour lui montrer qu’il
est capable lui/elle aussi de s’exprimer en
anglais. De façon générale, dans
une écoute, commencez la restitution par les
élèves les moins à l’aise,
voire habituellement muets ou sur la réserve
ou ayant des difficultés : en effet si vous
attendez que les élèves les plus à
l’aise aient parlé avant de solliciter
les autres vous vous apercevrez que :